En randonnée, la réponse honnête est qu'il n'y a rien. Le relevé national porte 35 243 emplacements, presque tous en zone habitée : parkings de départ, refuges, villages traversés, sites touristiques. Entre deux, sur le sentier, il n'y a pas d'équipement et il n'y en aura pas. Ce guide décrit donc ce qu'il faut faire, pas où aller.
Avant de partir
Le repérage utile porte sur trois points seulement, et il se fait la veille sur la carte : le parking de départ, le ou les villages traversés, le point d'arrivée. Ce sont les seuls endroits où quelque chose peut exister.
Les refuges gardés et les fermes-auberges disposent de sanitaires, réservés aux clients mais rarement refusés à qui demande poliment. Les cols routiers fréquentés portent parfois un équipement. Les sites classés très visités presque toujours.
La règle des soixante mètres
C'est la pratique admise partout, et elle tient en trois nombres. S'écarter d'au moins soixante mètres de tout point d'eau, de tout sentier et de tout campement. Le premier chiffre est le plus important : c'est la protection des cours d'eau qui justifie toute la méthode.
Pour les selles, creuser un trou de quinze à vingt centimètres de profondeur dans la couche de terre vivante, puis reboucher et recouvrir. La décomposition se fait dans cette couche-là ; plus profond, elle ne se fait pas.
Le papier ne se laisse pas
C'est le point sur lequel l'écart entre ce que les gens croient et ce qui se passe est le plus grand. Le papier hygiénique met des mois à se dégrader en milieu sec ou froid, et les lingettes ne se dégradent pas du tout.
Tout ce qui est papier, lingette ou protection hygiénique repart avec vous, dans un sachet fermé. C'est la seule pratique acceptable, et c'est aussi la seule raison pour laquelle les abords des sentiers fréquentés restent propres là où elle est suivie.
Brûler le papier est à proscrire absolument : c'est une cause d'incendie documentée, et c'est interdit en période de risque, ce qui couvre désormais une grande partie de l'année dans le sud.
Les milieux où la règle change
- En montagne et sur glacier, rien ne se décompose. Tout se redescend, y compris les selles, ce que les refuges de haute montagne organisent avec des sacs spécifiques.
- En cœur de parc national, la réglementation locale prime et peut être plus stricte. Elle est affichée aux entrées.
- En zone de captage d'eau potable, c'est interdit, et la signalisation l'indique. Ces périmètres sont étendus autour des sources.
- Sur le littoral, le sable ne décompose rien et la marée disperse. Les plages fréquentées portent des équipements : ce sont eux qu'il faut viser.
L'équipement qui change tout
Trois objets, deux cents grammes en tout, et la question cesse de se poser : une petite pelle ou un piquet de tente, un sachet à fermeture pour les déchets, et du gel hydroalcoolique. Le troisième est le plus important, puisqu'il n'y aura ni eau ni savon.
Le guide sur l'hygiène détaille pourquoi le lavage des mains est le geste qui compte, en randonnée comme ailleurs.
Au retour
Le parking de départ et le premier village traversé au retour sont les deux points où chercher, et ils figurent souvent dans le relevé. Les aires de covoiturage et les parkings de sites touristiques portent fréquemment un équipement, et les pages de commune du site les listent.
Si vous en croisez un qui manque sur la carte, l'ajouter prend quelques minutes. Les zones rurales sont les moins bien couvertes du corpus, et ce sont celles où une fiche manquante coûte le plus cher à celui qui cherche.