Beaucoup de gens évitent les toilettes publiques par crainte d'y attraper quelque chose. Cette crainte est presque toujours mal placée : elle vise la cuvette, qui est l'endroit le moins risqué, et ignore la poignée de porte, qui l'est davantage. Remettre les choses dans l'ordre permet d'y aller sereinement.
Ce qui ne se transmet pas par la cuvette
Les infections sexuellement transmissibles ne se transmettent pas par un siège de toilettes. Les agents concernés ne survivent pas sur une surface sèche et froide, et la transmission suppose un contact de muqueuses qui ne se produit pas là. C'est la peur la plus répandue et la moins fondée.
La peau intacte des cuisses et des fesses est par ailleurs une barrière efficace. Sans plaie ouverte, le contact avec un siège ne présente pas de risque significatif.
Ce qui se transmet vraiment
Le risque réel est digestif, et il passe par les mains. La chaîne est toujours la même : une surface touchée par quelqu'un qui ne s'est pas lavé les mains, puis vos mains, puis votre bouche ou votre nourriture.
Les surfaces concernées, par ordre de fréquence de contact : la poignée de porte, le verrou, le bouton de chasse, le robinet. La cuvette n'y figure pas.
Un second mécanisme existe, le panache d'aérosols produit par la chasse d'eau, qui disperse des gouttelettes dans la cabine. La parade tient en une phrase : refermer l'abattant avant de tirer la chasse, quand il y en a un.
Les gestes qui comptent, dans l'ordre
- Se laver les mains au savon, trente secondes. C'est le seul geste qui compte vraiment, et il rend les autres largement secondaires. À défaut de savon, une solution hydroalcoolique, moins efficace sur certains virus digestifs mais bien supérieure à rien.
- Fermer le robinet et ouvrir la porte sans les mains nues, avec le papier utilisé pour s'essuyer. C'est le geste qui annule la recontamination, et celui que presque personne ne fait.
- Refermer l'abattant avant la chasse. Gratuit, immédiat.
- Ne rien poser au sol. Ni sac, ni téléphone, ni manteau. Le sol est la surface la plus chargée de la cabine, et un sac posé là repart avec vous.
Ce qui ne sert à rien, ou presque : couvrir le siège de papier, ce qui multiplie les contacts sans réduire un risque déjà faible ; et s'accroupir au-dessus de la cuvette, qui salit l'abattant pour le suivant et ne protège de rien.
Le point de blocage : l'eau et le savon
Tout ce qui précède suppose de quoi se laver les mains, et c'est là que le réseau français est le plus inégal. Sur les 35 243 emplacements du relevé, 2 131 portent une mention d'eau potable, soit 6 %.
Ce chiffre ne dit pas que les autres n'ont pas de point d'eau : il dit que personne ne l'a relevé, comme l'explique la page de méthode. Il indique surtout qu'on ne peut pas compter dessus sans vérifier. La liste des emplacements avec eau relevée est consultable commune par commune.
La conclusion pratique est simple : ayez du gel hydroalcoolique sur vous. C'est le seul accessoire qui rend l'ensemble de ce guide applicable partout, y compris là où il n'y a ni savon ni eau.
Quand une toilette est vraiment à éviter
Les critères qui comptent sont visibles en trois secondes, depuis la porte : un sol mouillé et souillé, une absence totale de papier, une cuvette manifestement non entretenue, une odeur qui signale un défaut d'évacuation. Dans ces cas, le réflexe n'est pas de faire attention : c'est d'aller ailleurs.
Si vous en croisez une dans cet état, elle mérite d'être signalée à l'exploitant ou à la commune. Et si son relevé est faux sur la carte, il se corrige en quelques minutes.