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Guide · 7 min de lecture

Les toilettes publiques en France en 2026 : l'état des lieux en chiffres

50 087 emplacements relevés, 7,3 pour dix mille habitants, et un pays coupé en deux. Ce que l'extrait OpenStreetMap du 2 octobre 2026 permet d'affirmer, et ce qu'il ignore.

Au 2 octobre 2026, l'extrait OpenStreetMap des toilettes de France compte 50 087 emplacements, répartis dans 12 786 communes. Le chiffre rassure, et il ne devrait pas : rapporté à la population, il décrit un pays coupé en deux, et derrière chaque point le relevé dit rarement plus que « il y a des toilettes ici ». Voici ce que l'extrait permet d'affirmer, et ce qu'il ne permet pas.

Emplacements relevés

50 087

extrait du 2 octobre 2026
Pour dix mille habitants

7,3

moyenne nationale
Sans aucun attribut

36,9 %

ni tarif, ni accès, ni horaires

Ce que recouvrent ces cinquante mille points

Tous ne sont pas des toilettes publiques au sens où on l'entend. 36 853 sont des équipements dessinés comme tels : sanisettes, blocs sanitaires de parc, toilettes de plage ou de mairie. Les 13 234 autres, soit 26,4 % du total, sont des établissements dont la fiche signale des toilettes : une station-service, un camping, un centre commercial. Les deux ensembles ne se ressemblent ni par le tarif ni par les horaires, et l'analyse qui leur est consacrée montre à quel point mélanger les deux fausse les moyennes.

La couverture du territoire est plus mince que le total ne le laisse croire. Sur les 34 858 communes que recense l'Insee hors Mayotte, 12 786 ont au moins un emplacement relevé, et 5 557 d'entre elles n'en ont qu'un seul. Les 22 133 communes restantes, où vivent 13,5 millions de personnes, soit un habitant sur cinq, n'apparaissent pas du tout sur la carte. Ce sont surtout de petites communes rurales, mais pas seulement : quatorze villes de plus de vingt mille habitants sont dans ce cas.

Un pays à deux vitesses

La moyenne nationale, 7,3 emplacements pour dix mille habitants, ne correspond à presque aucune région réelle. La Corse et la Bretagne dépassent 12, l'Île-de-France et les Hauts-de-France restent sous 3,5. Entre la mieux et la moins bien pourvue des régions métropolitaines, l'écart va de un à quatre et demi.

Emplacements relevés pour dix mille habitants, par région, extrait du 2 octobre 2026
Région Emplacements Habitants Pour 10 000 hab.
Corse 439 355 486 12,3
Bretagne 4 173 3 449 370 12,1
Auvergne-Rhône-Alpes 8 873 8 205 557 10,8
Nouvelle-Aquitaine 6 486 6 150 451 10,5
Centre-Val de Loire 2 575 2 587 031 10,0
Pays de la Loire 3 816 3 907 156 9,8
Occitanie 5 960 6 124 653 9,7
Bourgogne-Franche-Comté 2 490 2 802 670 8,9
Provence-Alpes-Côte d'Azur 3 698 5 218 960 7,1
Normandie 2 238 3 345 842 6,7
Grand Est 2 605 5 563 378 4,7
Guadeloupe 171 384 160 4,5
Guyane 114 293 996 3,9
Île-de-France 4 226 12 463 067 3,4
La Réunion 249 889 679 2,8
Hauts-de-France 1 638 5 992 194 2,7
Martinique 91 360 630 2,5

Mayotte compte 34 emplacements mais n'a pas de ligne : l'Insee ne publie pas sa population dans le fichier de référence, et aucun taux ne peut donc être calculé.

Deux explications se superposent, et les données ne permettent pas de les séparer proprement. La première tient au terrain : le littoral atlantique et la montagne concentrent des équipements dimensionnés pour une population d'été ou d'hiver bien supérieure à leurs habitants, et les petites communes rurales entretiennent souvent un bloc sanitaire près de l'église ou de la salle des fêtes. L'analyse par taille de commune le mesure. La seconde tient au relevé : une région où les contributeurs sont nombreux et méthodiques paraît mieux équipée qu'une autre, à terrain égal. L'Île-de-France en est le meilleur exemple : la région la plus peuplée affiche l'un des taux les plus faibles, alors que Paris, à 8,2, se place au-dessus de la moyenne. Ce sont les communes de la petite et de la grande couronne qui tirent la région vers le bas, comme le montre la comparaison des grandes villes.

Ce que le relevé sait, et ce qu'il ignore

Un emplacement n'est utile que si l'on sait s'il est gratuit, accessible et ouvert. Or ces trois informations manquent le plus souvent. Le tableau donne, pour chacun des quatre attributs que le site exploite, la part des emplacements où il est renseigné, quelle que soit la réponse.

Part des emplacements dont chaque attribut est renseigné, extrait du 2 octobre 2026
Attribut Renseigné Ce que disent les fiches renseignées
Le tarif 39,4 % 17 816 gratuites, 1 935 payantes
L'accessibilité en fauteuil 41,4 % 14 587 accessibles, 1 714 partiellement, 4 446 non
Les horaires d'ouverture 19,0 % 4 324 ouvertes en continu
La table à langer 13,4 % 1 262 avec, 5 432 sans

Sur l'ensemble, 18 459 emplacements, soit 36,9 %, ne renseignent aucun des quatre attributs. À l'autre bout, 872 fiches seulement, 1,7 %, les renseignent tous. En moyenne, une fiche en porte 1,1 sur 4.

La conséquence est simple et doit guider toute lecture des chiffres « par besoin » : ce sont des planchers. Les 17 816 toilettes gratuites sont celles dont la gratuité a été notée, pas toutes celles qui le sont. Quand le tarif est connu, le relevé répond « gratuit » neuf fois sur dix ; rien n'indique que la proportion soit différente pour les fiches muettes, mais rien ne permet non plus de l'affirmer. Le site s'interdit donc d'extrapoler, et ce texte aussi.

Trois enseignements

  1. Le manque est géographique avant d'être national. Une moyenne de 7,3 n'a pas de sens pour qui habite Argenteuil ou Liévin : c'est la commune et le département qu'il faut regarder, et le classement des communes le permet.
  2. Le payant est l'exception. Parmi les toilettes dont le tarif est connu, 9,8 % sont payantes, et cette part tombe à 4,7 % pour les seules toilettes publiques. L'analyse du payant montre où il se concentre.
  3. La qualité de la donnée fait le service. Un emplacement sans horaires ni accessibilité ne sert ni la nuit, ni à une personne en fauteuil. L'analyse de la qualité du relevé classe les départements selon ce qu'ils renseignent.

Les chiffres de cette analyse sont ceux de l'extrait du 2 octobre 2026 et ne bougent plus. Le corpus que le site charge aujourd'hui compte 35 243 emplacements : l'écart éventuel mesure ce que les contributeurs ont ajouté ou retiré depuis.

Méthode et source

Source. Extrait « Toilettes de France (OpenStreetMap) » publié par GéoDataMine, fichier toilets_geojson.zip, daté du 2 octobre 2026. Il retient les objets OpenStreetMap étiquetés comme toilettes ou signalant des toilettes, sauf accès privé. Données © contributeurs OpenStreetMap, sous licence ouverte ODbL (Open Database License). Populations : populations municipales de référence de l'Insee, millésime 2023, en vigueur au 1er janvier 2026.

Calcul. Chaque objet est ramené à un point et rattaché à la commune que porte l'extrait, selon les mêmes règles que l'import du site : 50 087 emplacements retenus. Le taux pour dix mille habitants divise les emplacements des départements dont la population est connue (49 842) par la population de ces départements (68 094 280). Un attribut est « renseigné » dès que la fiche en dit quelque chose, oui comme non.

Limites. OpenStreetMap est un relevé participatif. Un emplacement absent n'est pas un emplacement inexistant, un attribut vide n'est pas un service absent, et un équipement fermé depuis peut rester sur la carte jusqu'à ce que quelqu'un le signale. Les écarts entre territoires mêlent donc ce qui existe sur le terrain et l'intensité de la contribution locale. Une erreur repérée se corrige à la source : la marche à suivre est ici.

Qui écrit ce guide

Rodolphe Vandaele édite ToiletteFrance et écrit ses guides. Cette analyse est figée sur l'extrait du 2 octobre 2026 : ses chiffres ne suivent pas le relevé, et son calcul est donné en fin d'article. La méthode du site est publiée sur la page de méthode, et une erreur se signale par la page de contact.

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